Ras Tafarí Makonnen

Ras Tafarí Makonnen
Né en 1892, descendant, de la reine de Saba et du roi Salomon, dont il est le deux cent vingt-cinquième successeur, l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié Ier (force de la Trinité) est à la tête de la plus ancienne dynastie du monde. Son titre complet est négus («roi des rois»), lion de Juda, défenseur de la foi chrétienne, force de la Trinité, élu de Dieu. Fils du Ras Makonnen, il a reçu pour nom à sa naissance celui de Ras Tafarí Makonnen (Tafarí : Celui qui est redouté).

Quels sont exactement les liens particuliers qui lient les rastas à l'Ethiopie ?

Pour les Rastas du monde entier, l'Empereur Haïlé Selassié incarne la figure du Rédempteur.
En 1927, Marcus « Mosiah » Garvey, ancien journaliste et prêtre évangéliste jamaïcain, ferventfenseur de la « black supremacy », annonce en ces termes la venue d'un roi noir : « Regardez vers l'Afrique où un roi noir doit être couronné. Il sera le Rédempteur ». Trois ans plus tard, Haïlé Selassié, chef tribal méconnu, accédait au trône.

E
n 1948, Haïlé Sélassié a offert une concession territoriale à toute la diaspora noire à Shashamane (200 km d'Addis Abeba). Mais ce sont surtout les Rastas, adeptes du retour vers la « Terre-Mère », qui se sont sentis concernés par l'offre dugus. Toutefois, la population locale ne voit pas toujours d'un bon oeil la présence de cette communauté, installée depuis 1963...

En 1966, lors d'un voyage mémorable en Jamaïque, Jah Rastafari fait aux dignitaires rastas répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, la proposition suivante: " Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays " .

C'est en septembre 1974 qu'il est destitué par des soldats et des sous-officiers. Il est assassiné par les rebelles le 27 août 1975.

"Haile Selassie I, His Imperial Majesty, Lord Of Lords, King Of Kings, Elect Of God, Conquering Lion Of Judah, Jah Rastafari !"
# Posté le mercredi 30 novembre 2005 23:25
Modifié le mercredi 18 juillet 2007 17:03

Marcus Garvey

Marcus Garvey
Marcus Mosiah Garvey est le "prophète" de la culture Rasta car il est celui qui a transformé l' Ethiopisme religieux en mouvement revendicatif.

N
é le 17 août 1887 à la baie de St Ann en Jamaïque le jeune Marcus va à l'école primaire jusqu'à 14 ans. Il raconta que c'est vers cet âge qu'il se rendît compte de la séggation raciale. Notamment après que sa première amoureuse, une petite blanche, ai reçue l'interdiction de fréquenter ce "nègre".

En 1912, il effectue son premier voyage en Angleterre où il séjourna deux ans. Là bas, il lu de nombreux ouvrages sur la " race Nègre " et après un apprentissage approfondi de l'Histoire Africaine il déclara " .... c'est alors que je vis devant moi le nouveau monde de l'homme Noir, non pas un monde de pions, de serfs, de chiens, mais une Nation d'hommes résolus à marquer la civilisation de leur empreinte et à faire briller sur la race Humaine une nouvelle lueur. Je ne pouvais plus rester dans l'ombre..."( Opinions et philosophie. Edition Caribéennes).
Ple
in d'idées et d'ambition Marcus Garvey rentre en Jamaïque à 27 ans et fonde l'UNIA ( Universal Negro Improvement Association ou Association Universelles duveloppement des Nègres ).
Le s
logan nationaliste de Garvey "One Aim, One God, One Destiny" en devint la devise. (Un But, Un Dieu, Une Destinée)
Son programme : L'amélioration des conditions de vie des pauvres de Jamaïque donc des Noirs.
Garv
ey en est le président et représentant, c'est d'ailleurs en sa qualité d'orateur que réside un de ses points forts. Il veut que soit reconnue : " ... la dignité et l'intégrité de la race Noire, même au prix de ma souffrance... "

De 1916 à 1919, il visitera 38 états des Etats Unis et y fondera plus de trente branches de l'UNIA. De même il publie son premier journal, " the Negro World " (le monde des Noirs) qui prône une Nation Nègre : l'Afrique.

Le
1er Août 1920, à 33 ans, Marcus Mosiah Garvey parade en tête de ses " troupes " dans les rues de Harlem ( New York). Ainsi 25 000 personnes écoutèrent son discours, celui de la première Convention de l'UNIA, dont voici un extrait :
" N
ous sommes les descendants d'un peuple qui a beaucoup souffert, nous sommes descendants d'un peuple résolu à ne plus souffrir (....) Si l'Europe est aux Européens, alors l'Afrique doit être à tout les Noirs du monde . "
Il fû
t choisi un drapeau de la Nation Noires : Rouge, pour le sang qui fût versé, Noir, symbole de la fierté, et vert, promesse d'une vie meilleure.

En 1923, après la troisième convention Marcus Garvey fût poursuivi pour escroquerie.

En
1927, à la suite d'une pétition, Garvey est libéré mais renvoyé de force en Jamaïquele gouvernement craint son retour...
Le
Daily Gleaner, journal jamaïcain, écrivit : " c'est avec une grande inquiétude que nous attendons le retour de Marcus Garvey à la Jamaïque" . Cette opinion est loin d'être celle de la population de l'île qui l'attendait " comme le Messie ".Le lendemain de son arrivée, Garvey tient une réunion dont voici un extrait qui montre les références religieuses de ses discours: " Les noirs de Carthage, les noirs d'Ethiopie et d'Alexandrie ont donné au monde la civilisation (...) L'Ethiopie tendra ses mains vers Dieu, et d'Egypte viendront des princes " ou " Quand l'Europe était peuplée de sauvages, de païens(...) l'Egypte, l'Ethiopie et Tombouctou étaient peuplées d'Homme Noirs cultivés ". Ce genre de phrases montre très bien en quoi Garvey a modernisé le concept d'Ethiopisme et ouvert la voie au message Rastas.

Avan
t de partir pour l'Angleterre, Marcus Garvey prononça à Kingston un discours qui marqua le lancement du mouvement Rasta. Dans une église de la capitale, un dimanche de 1927, il eut ces mots :

"Look to Africa, where a black king shall be crowned"
"Regardez vers l'Afrique, où un roi noir doit être couronné"


En novembre 1930, le Daily Gleaner, journal populaire de Kingston, rapporta en première page qu'un chef tribal méconnu, Ras Tafari Makonnen, avait été couronné sous le nom de Haile Selassie I. Les Rastas y virent un accomplissement de la prophétie de Garvey.

En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouvait à l'étroit et, en 1935, il part pour l'Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt en Angleterre en 1940.


" One Aim, One God, One Destiny "
# Posté le jeudi 01 décembre 2005 20:23
Modifié le samedi 03 juin 2006 23:01

Une Terre En Donation... ...Zion

Une Terre En Donation...   ...Zion
« L'Ancien Testament, ouvrage de référence des Rastas, mentionne le mot " Ethiopie" à plus de trente reprises, ce qui permet d'établir un lien biblique avec ce pays synonyme de paradis sur terre. La Genèse évoque le "Jardin d'Eden" que les Rastas associent avec l'Ethiopie ».

«
L'Ethiopie est le premier pays à avoir reçu l'Ancien Testament, et les Ethiopiens sont les premiers files du Christ ».

«
Repatriation is a must » (le rapatriement est une nécessité), thème récurrent dans les chansons de roots reggae, le rapatriement en Ethiopie constitue une problématique au c½ur de la culture Rastafari. En effet, les Rastas voient en l'Ethiopie, qu'ils surnomment "Zion" ou encore la "Nouvelle Jérusalem", un lieu de pèlerinage, la Terre Promise qui a vu naître leurs ancêtres.

En 1948, Haile Selassie offre une concession territoriale aux Rastas.

A
insi en 1960, une dizaine de familles venues de la Caraïbe et des États-Unis se sont installées dans ce village perché sur une colline à 600 mètres d'altitude qu'est Shashamane, une soixantaine dans les années 80. Les premiers à avoir accepté le cadeau du Négus et à s'être déplacés en masse en direction de la "Terre Promise" sont les Rastafaris, se considérant comme les principaux intéressés de cette offre. Mais seuls les plus fervents ont pu économiser suffisamment pour financer leur rapatriement et retrouver enfin la terre de leurs ancêtres pour y mener leur "livity", mode de vie conforme à la philosophie rasta. En 2001, on comptait plus de 200 familles rapatriées dans le "Zion".

L'i
ntention qui sous-tend le besoin de rapatriement de la diaspora africaine en Ethiopie est avant tout de fuir "Babylone", le monde occidental synonyme d'oppression, pour venir soutenir le développement d'une terre sacrée dont le peuple est affaibli par la faim.



« Nos frères ont voulu quitter Babylone, ce monde de violence et de sang, pour participer au développement de Mama Africa (l'Ethiopie). Ils y ont trouvé les bases leur permettant de mener une vie meilleure. C'est précisément au moment où nos frères éthiopiens sont dans le besoin que nous devons être présents ».
# Posté le vendredi 02 décembre 2005 06:06
Modifié le samedi 23 juin 2007 09:13

Babylone ...

Babylone ...
Babylone selon Peter Tosh, c'est avant tout le "shitstem" comme il l'appelle, un système d'opression, de violence et d'injustice.

A l'inverse de Zion, la "Terre Promise", Babylone est synonyme de "terre d'asiles". Dans les années trente et quarante, le gouvernement jamcain a tenté de museler la contestation rastafarienne en incarrant et en internant ses leaders. Par delà la claustration carrale ou asilaire, la Jamaïque est perçue par les rastas comme une « terre de captivi». Dans les premres décennies du mouvement, l'île est redéfinie comme un « enfer terrestre ». Prisonniers des eaux, les rastas manifestent leur déracinement en r